XP Day France 2008 – Rétrospective
Si pour vous, le mot “conférence” évoque surtout une salle feutrée où vous vous assoupissez petit à petit dans votre fauteil, tandis que défile une succession de diapos et de présentateurs de plus en plus soporifiques, jusqu’à atteindre l’endormissement total; eh bien, les XP Days vous auraient fait changer d’idée. Car ils brillaient notamment par le nombre d’ateliers ludiques et de séances interactives. Sur les deux jours, je n’ai assisté qu’à une seule présentation “classique”, sur les Test Driven Requirements, laquelle était tellement intéressante que je n’ai absolument pas pu fermer l’oeil.
Les séances que j’ai vues :
XP Game (Olivier Lafontan assisté par Pascal Van Cauwenberghe et Portia Tung)
Déjà connu des Hortissiens d’avant 2007, le XP Game est une simulation de la partie estimation-planning du XP. Il permet de très bien saisir l’efficacité du processus, tout en s’amusant comme des fous (surtout si l’on a le bonheur de se trouver sur l’équipe gagnante).
Laboratoire Extreme Programming (François Beauregard)
C’était un atelier de dév, avec de vrais PCs, et un vrai projet mené par François Beauregard et son collègue de Pyxis avec un pilotage plutôt Scrum que XP, sur des “jours” de 15 minutes chacun. Cela permet de goûter à l’aspect collaboratif du développement en lui-même (à la différence du XP Game qui utilise des petites tâches ludiques pour représenter le dév) : coder en binôme ou plutôt en multinôme, et travailler la communication intra- et inter-binômes. L’atelier a tourné en permanence sur les 2 jours de la conférence, mais j’ai participé seulement le temps d’une séance, car il y avait bien trop d’autres choses en concurrence.
Les neuf cases pour bien comprendre son client (Pascal Van Cauwenberghe, Bernard Vander Beken, Portia Tung)
Un atelier jeu-de-rôle sur l’entretien client en phase avant-vente. On jouait successivement le rôle d’un client (en mettant en scène son projet actuel) et d’un vendeur/interviewer. La technique des neuf cases, issue du “Solution Selling”, aide à canaliser l’entretien, à faire sortir les besoins sous-jacents, et à assurer la compréhension mutuelle.
Test-Driven Requirements (Gilles Mantel de Valtech)
Une présentation très intéressante sur les technologies disponibles pour condenser les requirements et les tests d’acceptation en une seule étape, les Test Driven Requirements : exécutables, donc intégrables dans l’intégration continue, mais lisibles/modifiables par la MOA grâce à leur expression en termes métier. Les Domain Specific Languages sont l’unes des pistes pour y arriver.
“Redites-moi, Mr le Client…” (François Beauregard)
Je m’attendais à un atelier de type jeu-de-rôle, un peu comme “Les neuf cases”, mais c’était un mélange assez anarchique d’anecdotes, d’astuces, et de questions-réponses, sur l’agilité en général et la conduite du changement en particulier. Des étincelles partait dans tous les sens ; l’histoire du squirrel burger, en particulier, aura à jamais marqué tous ceux qui l’ont entendue.
SSII et agilité (Freddy Mallet, Jacques Couvreur)
La présentation Hortis ! …qui n’était pas une présentation, mais un atelier participatif, où l’ensemble de la salle a mené une reflexion large et profonde sur les pratiques agiles et anti-agiles rencontrées dans les SSII. Quelles sont-elles ? Comment favoriser les premières et éliminer les secondes ? Une expérience réussi à mon sens, et qui mérite d’être répétée. Toutefois j’aurais bien aimé une rétrospective à la fin, pour résumer les points abordés.
Real Options: l’ultime frontière (Pascal Van Cauwenberghe, Portia Tung)
Un jeu mettant en pratique la notion des Real Options, qui est une façon d’appréhender et de gérer les choix auxquels on est confronté au cours d’un projet. Le jeu est décrit sur le blog de Pascal avec des photos.
Résumé
Une conférence géniale, tant par la qualité des discussions en marge des séances que par le contenu des séances elles-mêmes. Deux petits bémols : l’impossibilité évidente d’assister à deux séances simultanées, et le nombre de participants un peu trop élevé sur certains ateliers qui ont été victimes de leur propre popularité.
(Vivement les XP Days Swiss !)
