… et pendant le développement? Ou seulement après?

Il est un point que je désirais aborder depuis longtemps sur ce blog: la place que l’on veut bien donner à l’ergonomie au sein des projets informatiques actuels et surtout le bien fondé de l’intégration de la notion d’ergonomie dans des équipes de développements agiles. Par ergonomie, je veux parler de l’expérience que l’utilisateur aura lors de ses interactions avec le logiciel. Il s’agit là d’un facteur de qualité trop souvent sous-estimé et qui, pourtant, influencera grandement le ressenti de l’utilisateur.

Combien de fois des projets se sont vu commencer à développer la première version utilisable du logiciel sans avoir simulé son utilisation avec des utilisateurs. Pourtant, beaucoup gagneraient à “faire un brouillon” de ces interactions en amont avec des utilisateurs, peu importe la méthode de réalisation: maquettes logicielles ou bricolages faits de papier, de trombones, de coups de crayons et d’attaches parisiennes. C’est d’ailleurs cette dernière méthode qui, de mon point de vue, a le meilleur ratio coût/efficacité et se trouve pourtant la plus évitée parce que “pas assez hype” ou, je cite, “ridicule”.

Durant mon expérience, j’ai pu constater que l’ergonomie, quant elle avait été citée, avait souvent été vue comme un “mieux” à la priorité très faible… puis les mois passant, certains projets, s’ils arrivaient à atteindre leurs objectifs fonctionnels, se trouvaient affublés d’une mauvaise réputation auprès des utilisateurs. Ceux-ci trouvant l’usage du logiciel trop difficile, tortueux, illogique: bref, ce qu’on appelle une mauvaise expérience.

Après avoir lu, entre autres, des publications de Bill Buxton, Dan Saffer, Bill Moogridge ou Jon Maeda ces dernières années, après avoir soulevé la question à l’Agile Open France 08 et en discutant de tout ceci avec des chercheurs de l’Université de Genève spécialistes en ergonomie, je prêche désormais pour l’intérêt d’intégrer dans des équipes de développement agiles la notion d’ergonomie, tant les deux mondes accordent l’importance qu’il se doit à l’avis de l’utilisateur. Sous la forme de l’intégration d’un profil d’ergonome ou d’une équipe sensibilisée à l’ergonomie, selon le contexte. Une chose est sûre: si l’on y gagne à itérer de manière incrémentale sur les fonctionnalités avec un utilisateur disponible, on y gagne tout autant à itérer sur l’ergonomie avec lui durant ces phases.

Devant la complexité des applications d’aujourd’hui, le besoin de donner à l’utilisateur l’occasion d’aller à l’essentiel est encore plus nécessaire et je me rassure en voyant ces réflexions de plus en plus présentes sur les blogs s’intéressant à l’agilité ou/et au designing d’intéractions…

Ajout de dernière minute: chose amusante, une illustration toute récente de ceci, certes concernant le grand public mais tout aussi valable pour l’informatique d’entreprise, m’a été indiquée, alors que je rédigeais ce texte, par un collègue me parlant d’ un post sur l’application Things, une application iPhone au succès dépassant les espérances de ses créateurs, l’ergonomie y étant pour quelque chose. Sur le post cité, les images de sketchs réalisés au crayon correspondent à ce qui a été cité plus haut. Alors, à vos crayons!…